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dimanche 1 décembre 2013

Pi dans les blés


Sujet : Vous avez dit bizarre ?

Notre culture, basée sur la logique et le cartésianisme, devrait nous interdire de nous intéresser aux phénomènes qui ne répondent ni à l’une, ni à l’autre. Mais l’être humain est ainsi fait qu’il est toujours attiré par le mystérieux.

C’est pourquoi je n’ai pas de honte à avouer que, depuis fort longtemps, j’éprouve beaucoup d’intérêt et de curiosité pour ces grandioses et magnifiques dessins géométriques qui apparaissent régulièrement dans les prairies d’Angleterre, et dont la presse se fait parfois écho.

On leur a donné le nom de crop circles, ou agroglyphes en français, car ils sont généralement tracés dans des champs plantés de céréales, qui offrent une belle uniformité, une invitation aux graffitis grandioses.

Leur perfection, leur taille et leur nombre ne manquent pas de m’intriguer : qui en sont les auteurs ? Comment ont-ils été dessinés ? Avec quoi l’herbe a-t-elle été traitée pour donner cet effet ? Pourquoi n’en voit-on presque exclusivement qu’en Grande-Bretagne ? Dans quel but ont-ils été réalisés ?

Autant de questions restées sans réponses, qui vont rejoindre les autres interrogations stériles et irritantes que la vie a accumulées au coin de mon esprit.
Ces figures sont généralement très grandes, très bien faites et très complexes. Je vous en propose une série, mais on peut en voir bien d’autres sur le site que j’indique plus loin.









Il en est une, parmi elles, faite de cercles concentriques irrégulièrement crantés, qui a attiré l’attention des chercheurs. Apparue en 1988 dans le Wiltshire, elle mesure 45 m de diamètre :




Un astro-physicien américain retraité, Mike Reed, a découvert sans qu’on puisse la mettre en doute le moins du monde, la signification de ce dessin. Il s’agit ni plus ni moins d’une représentation géométrique du nombre Pi, avec 9 décimales après le 3, et la virgule incluse (le petit cercle à droite du centre). 
Voyez vous-mêmes comme cela paraît évident une fois qu’on le sait : sur le schéma de Mike Reed, chaque part de camembert est numérotée, et chaque fois qu'on avance d'une décimale, le rayon du cercle s'agrandit. Partez du 1 près du centre, et suivez la numérotation, les chiffres de la formule Pi sont inscrits dans un petit cercle noir. Entre 3 et 1 vous trouverez la virgule représentée dans le champ par un petit rond. Détail curieux : les concepteurs du dessin ont choisi de disposer "parallèlement" aux traces du système d'arrosage le diamètre qui indiquerait "midi/6 heures" sur une montre. 




Vraiment étonnants, ces agroglyphes ! On croit rêver !

Je me souviens qu’une lecture me conduisit un jour à sourire de mes questionnements, qui m’apprenait que la police anglaise avait interpellé nuitamment un groupe de plaisantins équipés d’engins rudimentaires, en train de tracer une figure géométrique dans un champ de blé.

— Ah, c’était donc ça ! Voilà l’explication de ces cercles mystérieux ! dit ma petite voix. 
­— Mais, objecta bientôt le côté logique de ma raison :
  • comment font-ils, ces English, pour réaliser tout ça aussi vite, et pour ne pas laisser plus de traces aux alentours, dans leurs allées et venues 
  • certaines, très belles, très étendues, et infiniment compliquées ne présentent pourtant aucun défaut, et exigent une maîtrise incroyablement parfaite ;
  • on me dit aussi que les végétaux couchés ne sont pas pliés mais qu’ils paraissent torsadés, et quelquefois un peu noircis …
  • que l’air de l’endroit semble ionisé …
  • que l’on trouve près des herbes pliées des particules microscopiques de métal…

— S’ils parviennent à faire tout ça, on ne peut que les saluer, vachement forts ces bristish garnements ! répondit la petite voix, aussi crédule qu’insistante.

Mais pour avoir un autre point de vue, pourquoi ne pas aller rendre visite à cette Anglaise passionnée qui collecte depuis des années les informations relatives à ces phénomènes. Lucy Pringle vous recevra généreusement sur son site richement documenté. Vous n’êtes pas obligés d’adhérer à toutes ses théories, mais la documentation et les témoignages qu’elle propose semblent objectifs.

Parmi les autres sources de documentation, il faut signaler que, dans des séries de photos répertoriées par Google par exemple, il n’est pas fait de différence entre les figures dont on ne peut expliquer la nature (pour les raisons avancées plus haut), et celles réalisées par l’homme, des dessins qui représentent des célébrités par exemple. Certains groupes ne se cachent d’ailleurs pas de cette activité de copistes. Ils se flattent de faire aussi bien que les crops circles originaux, en utilisant, pour plier les herbes, des planches munies d’un double manche, qu’ils poussent devant eux.

Mais l’aspect des tiges après leur passage ne ressemble en rien à ce que l’on découvre sur les cercles d’origine inexpliquée. Et les progrès de l’informatique aidant, on peut supposer que certaines photos du net ont été réalisées grâce à un procédé numérique, comme des trucages de cinéma.

Finalement, il vous reviendra de vous faire votre propre opinion, et de décider si la question des dessins dans les champs de blé a vraiment trouvé une réponse.
Ou si elle ne donne pas le jour à des mystères plus grands encore.

Mais ceci est une autre histoire, n’est-il pas ?


Source partielle : Direct Matin du 6 octobre 2008, d'après Le Courrier International  


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