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mercredi 25 janvier 2017

Délivrance informatique

Permettez-moi de vous dire quelques mots de mon ami Robèrt...

Tout d'abord, je dois préciser que l'accent grave sur le “e“ de Robert, est nécessaire pour les Occitans purs et durs. Et notre Robèrt est un ardent défenseur de cette langue, interdite et montrée du doigt depuis la création de l'École publique. 

Robèrt, après une multitude d'opérations ophtalmologiques, est peu à peu, devenu (très) mal-voyant.
Comme je le disais, pendant les années de sa retraite de médecin ostéopathe, il a beaucoup fait pour tenter de sauvegarder ce qu'il reste de sa langue vernaculaire, celle que ses grands-parents et parents parlaient en famille. Sur son PC, en choisissant une fonte de grande pointure, et des lettres blanches sur un fond bleu marine, il a pu pendant des années, malgré son handicap, laisser s'exprimer sa verve, écrire des romans et des études historiques, publier un petit journal informatique pour ses amis, en langue Occitane.

Les choses ont basculé lorsqu'un diagnostic sévère est tombé de la bouche d'un des multiples réparateurs d'ordinateurs appelés au chevet de l'engin parvenu au stade de l'obsolescence programmée en usine :
— Il est cuit, votre PC, il faut en prendre un plus moderne, plus performant.

Mal lui en prit, car, entre temps, M. Windows avait changé de nom, et au lieu de 7, s'appelait 10. Un joli chiffre rond pour une escroquerie, la nouvelle Fenêtre — comme dit mon cousin Américain — est truffée de pièges abscons et plus, et profondément haïe par les informaticiens de tous niveaux.

Pour l'homme de la rue, fut-il adepte d'Esculape, le nouveau système est d'une rare complexité. Pour un mal-voyant peu porté à la patience, c'est un calvaire. Pour son portefeuille, une ruine. 
Après un clash avec le dernier spécialiste-dépanneur-instructeur quémandé, Robèrt a arraché le fil qui le reliait à la "box", et décidé que désormais, il se passerait de la toile et de ses exigences, et que son ordinateur allait changer de nom, pour prendre celui plus rassurant, de "machine à écrire".
Voici ce qu'il m'a envoyé par la Poste, après avoir fait grosse provision de timbres, en prévision de sa correspondance future...

Dans cette fable, il explique son dégoût de l'informatique, et nous fait partager le bonheur de la délivrance.
La mauvaise qualité typographique du document s'explique par une panne de mon scanner à moi, qui refuse maintenant d'exécuter la "reconnaissance de caractères". Poussé par la paresse, j'ai donc procédé à une "capture d'écran".

Mais le contenu est sauvegardé, fort heureusement.
Bonne lecture!



Robèrt P.-A. - Janvier 2017




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