le blogadoch2

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lundi 19 décembre 2016

Le compresseur, la goutte, et le Justicier...


Une nouvelle tirée de la vraie vie…


Le compresseur

Autrefois, la trousse à outils d’une automobile était fort volumineuse, et comportait un nécessaire de réparation des chambres à air (généralement une boîte orangée portant le nom de Rustine), et bien sûr une pompe. La sollicitude du destin pour les chauffeurs d’aujourd’hui, et la qualité des pneus et des routes actuelles, font que certains constructeurs livrent leurs autos sans complexe et sans roue de secours, avec cependant, un mini-compresseur dont l’utilité reste discutable en l’absence de réparation.

La mienne, d’auto, est dotée d’une de ces petites roues de secours qui n’osent plus s’appeler que par le nom d’une fade pâtisserie aplatie. Aussi pour éviter de rouler au ralenti dans le cas où l’usage de cette galette me serait imposé par une crevaison, j’ai récemment fait l’achat d’un mini-compresseur, fonctionnant sur 12 volts. Le but étant d’offrir à la roue crevée (mais réparée à l’aide d’une mèche collante, technique que je maîtrise bien), un peu plus de bon air que n’en offre la cartouche de gaz jointe au nécessaire habituel.

Je dois préciser que la prise de possession de ce moderne instrument* fut assez rocambolesque, et qu’elle fera peut-être l’objet d’une chronique spéciale**, mais là n’est pas le sujet. Me voici donc, contraint par des circonstances inévitables, de prendre la route pour un périple de plus de 2000 kilomètres. Et, pour la première fois donc, au volant d’une auto équipée d’un compresseur d’air. Un accessoire dont je m’étais fort bien passé pendant plus de soixante ans de conduite.



La goutte

La crise de goutte, comme chacun le sait, est une arthrite très douloureuse, provoquée par l’accumulation de micro-cristaux d’acide urique dans une articulation. Sans doute pour des raisons liées à la gravité (celle de Newton, pas celle d’Esculape), ces dépôts se font dans une des zones les plus basses du corps : le gros orteil. Enfin, l’un des deux. Et c’est bien suffisant.

Cette pathologie n’inspire pas la compassion, car personne n’est porté à plaindre un amateur de bonne chère et de bons alcools. Je précise cependant que ma première crise d’uricémie me frappa alors que je n’avais pas atteint la trentaine. Une déficience physiologique innée, peut-être.

Bref, au cours de ce voyage, les choses firent que ma démarche claudicante s’accentua au rythme de celles qui m’étaient imposées, et la douleur de plus en plus importante me conduisis un soir à une extrémité à laquelle je ne m’étais encore jamais laissé aller : le parking de l’hôtel était plein, à cette heure tardive de la nuit. Sauf que quatre grandes et généreuses places pour handicapés me tendaient leurs lignes bleues, à 3 mètres de l’entrée. Et puis n'étais-je pas un handicapé transitoire ?

Subodorant le peu de risque de voir arriver une cohorte de GIG ou de GIC, à cette heure tardive, je glissais avec soulagement mon véhicule dans un rectangle fort accueillant, sans me douter que le Justicier allait faire sa ronde…



Le Justicier

C’est au matin que je pris conscience que pendant que vous dormez, braves gens, il y a des héros qui veillent. Celui-ci, très consciencieux, qui voulait me punir de mon audace, avait choisi deux des roues de mon auto, en diagonale, peut-être pour respecter un équilibre pondéral ou esthétique, et les avait proprement diminuées en hauteur. 
Et lorsque l’on voit la jante en contact avec le bitume, ce n’est pas de la compréhension qu’on éprouve à l’égard du responsable de cet état de fait. On retrouve plutôt, et avec facilité, une litanie de jurons que l’on pensait oubliés sous une pile d’efforts polis.

J’ai réalisé alors qu’un bon coup de compresseur (quelle chance de l’avoir !), me permettrait de rejoindre le garage le plus proche pour faire procéder aux réparations, jusqu’à ce que je m’aperçoive que le justicier n’était pas allé aussi loin que je le pensais dans son geste vengeur, sinon, il n’aurait pas déposé les bouchons de valve sur un relief de la jante.

Et c’est ainsi que, bercé par les crachotements maladifs du petit moteur, je vis la partie basse de mes roues reprendre forme peu à peu, à mon grand soulagement.

La réceptionniste de l’hôtel eut la politesse de s’étonner de ma mésaventure, en me montrant sans état d’âme, son auto, voisine de la mienne, occupant une des dernières places pour handicapés, à 8 heures du matin.

Je persiste à penser que le Justicier a encore du blé à moudre, s’il veut établir un code de bonne conduite dans sa ville, car sur un parking voisin complet, nous avions, la veille assisté à une scène étonnante : le conducteur d’une grosse allemande s’arrête au niveau d’une camionnette garée en biais sur deux places de parking. Quittant son auto, il range correctement la fourgonnette, et gare la berline sur la place libérée.

Nous vivons une époque merveilleuse.



*Environ 18€ chez Lidl.
** Voir  cet article  écrit depuis.


dimanche 27 novembre 2016

Automobile : la fin des moteurs "réduits" ?

Je ne peux résister au plaisir de vous faire partager l'excellent article du bon Vincent Desmont, publié sur MotorLegend, sous le titre : "La fin du downsizing ?
Comprenez : va-t-on vers l'abandon des moteurs réduits (cylindrée réduite, moteurs à 3 cylindres, etc), qui semblent donner de bons résultats dans les domaines de la consommation et de la pollution?
Voyez vous-mêmes. La question se pose, à cause des futures obligations internationales sur les émissions à effet de serre...

Ecoutons Vincent Desmont :


Pendant de longues années, les constructeurs automobiles n’ont juré que par le downsizing. Quasiment toutes les marques, de Dacia à Ferrari, ont cédé aux sirènes de cette technologie, véritable martingale pour gagner à tous les coups aux tests d’homologation. Mais le downsizing commence à montrer ses limites, et la tendance au « toujours plus petit » va bientôt s’inverser… 
 
Un bicylindre dans certaines Fiat, un 1.0 EcoBoost sous le capot d’un monospace compact chez Ford, des 3 cylindres sur des BMW Série 3 : le downsizing s’est imposé depuis pas mal d’années chez tous les constructeurs. Les supersportives n’ont pas été épargnées. Ferrari a ainsi développé un V8 3.9 biturbo, tandis qu’AMG a du mettre au rebut son fabuleux V8 6.2 atmosphérique au profit d’un 4.0 biturbo. Même Aston Martin a récemment consenti (à reculons…) à « downsizer » son V12.

La raison d’un tel engouement ? La chasse au CO2, bien évidemment ! Longtemps resté l’alpha et l’oméga de la lutte anti-pollution (ou plutôt anti-réchauffement climatique), la lutte contre les émissions de gaz carbonique a poussé (presque) tous les constructeurs à adopter la même technique. Le principe est simple : on réduit la cylindrée des mécaniques, et on ajoute une injection directe et un turbo (ou, plus rarement, un compresseur). Cette configuration présente en théorie plusieurs avantages. D’abord, l’injection directe permet de doser finement le carburant, tout en permettant une combustion en mélange appauvri (stratifiée). Ensuite, la suralimentation apporte un couple important à bas régimes, ce qui évite de trop solliciter la mécanique dans les tours et permet de réduire le régime moyen du moteur (« downspeeding »). Enfin, la cylindrée inférieure permet généralement de réduire le nombre de chambres de combustion, entraînant une diminution des frictions.

Sur le papier, donc, le downsizing a tout bon. Encore plus sur le cycle d’homologation NEDC, en vigueur sous sa forme actuelle depuis 1997, caractérisé par une surreprésentation des phases à très bas régimes et par des accélérations léthargiques. Sur le banc, les moteurs « downsizés » sont totalement dans leur zone de confort. Dans la réalité… un peu moins ! Ce qui n’était jusqu’alors pas vraiment un problème. 

Sauf qu’un nouveau cycle d’homologation est prévu pour septembre 2017 ! Harmonisé au niveau mondial, ce cycle WLTP (pour Worldwide Harmonised Light-Duty Test Procedure) affiche non seulement un profil de vitesses et d’accélérations plus réaliste, mais aussi un test annexe sur route en conditions réelles, le RDE (Real Driving Emissions). Et dans ce test RDE, pas de banc à rouleaux, pas de température ou d’hygrométrie contrôlée : les voitures testées seront harnachées d’un système portatif de mesure des émissions (PMS) et jetées dans la « vraie » circulation, en ville, sur route et sur autoroute. Avec, forcément, des résultats moins bons qu’en laboratoire. D’ailleurs, les Autorités européennes ont laissé une marge de tolérance aux constructeurs : + 110% sur les NOx (oxydes d’azote), par exemple, puis + 50% à partir de 2020.

Mais, même avec cette marge de tolérance, les motoristes auront du mal à rester dans les clous. « Les techniques que l’on a utilisées pour réduire la cylindrée des moteurs ne nous permettront plus de répondre aux normes d’émissions » déclarait ainsi Alain Raposo, le patron de l’ingénierie moteurs chez Renault-Nissan, lors du Mondial de l’Auto. « Nous arrivons aux limites du downsizing. » 

 Selon certaines sources, les moteurs optimisés à mort pour le cycle NEDC perdent toute efficacité en conditions réelles, avec des diesels émettant 15 fois plus de NOx que la norme, tandis que les moteurs essence voient leur consommation s’envoler, tout comme leurs émissions de particules fines et de monoxyde de carbone !

Une vraie catastrophe, qui va pousser les constructeurs à faire machine arrière toute sur le downsizing. Particulièrement sur les plus petits moteurs : des blocs minuscules comme le 0.9 TCe Renault, le 0.9 TwinAir Fiat ou le 1.3 CDTI Opel sont condamnés à moyen terme, car ils font figure de (très) mauvais élèves sur le nouveau cycle d’homologation. À terme, tous les moteurs diesels de moins de 1,5 litre et les essence de moins de 1,2 litre pourraient purement et simplement disparaître des catalogues. 

Mais ne vous réjouissez pas trop vite : les gros V8 atmosphériques ne reviendront pas de sitôt ! Car s’il est contre-productif sur les moteurs de petite cylindrée, le downsizing reste pertinent sur des blocs plus gros. Selon toute vraisemblance, la Porsche 911 ne renouera donc pas avec le flat-6 atmosphérique (sauf modèles très spécifiques), et les AMG resteront durablement suralimentées. Par contre, ces modèles haut de gamme se prêtent bien à l’hybridation, qui deviendra monnaie courante sur les sportives.

Vincent Desmont - (MotorLegend)

mercredi 23 novembre 2016

Petite fantaisie littéraire où il est question de moto...


 Je vous ai déjà proposé un exemple de la prose poétique de mon ami Gérard, dit Salfepa*. Je suppose que certains d'entre vous, comme moi, aiment bien être surpris, ou même déroutés par un style inattendu, c'est pourquoi je vous offre aujourd'hui ce récit jubilatoire d'une fausse-sortie à moto. Une moto et son pilote aussi étranges que le langage du rédacteur...
 *ici : 



“Temps superbe, propice à une balade avec un pote et sa moto teutonne qui n’avait pas vu le jour depuis trop longtemps, le pote non plus d’ailleurs.

Il a une méconnaissance magnifique de la moto, de ses besoins, conduit à moitié bien, mais semble jouer d’une chance qui toujours le ramène à la maison. Il roule très peu et je pense que ça doit bien faire trois ou quatre ans que sa meule n’avait pas pris l’air.

Il bénéficie de l’aide précieuse d’une descente conséquente de plus de trois kilomètres devant chez lui qui lui permet de s’abstenir de toute pensée triviale telle que des problèmes de batterie, d’autant, qu’une fois démarré, il n’éteint jamais son moteur jusqu’à avoir réintégré ses pénates. Chacun de ses véhicules a toujours accepté de démarrer avant le pied de la route. J’avais bien suggéré que nous changions l’essence avant de nous jeter dans le vide, mais il m’a regardé avec l’air de croire que je doutais, ce qui était bien le cas. Lui ne connaît pas le doute et ça semble être payant. Il a juste fait le plein avec un liquide bizarre dont nous n’étions pas très surs de la provenance, mais comme il était écrit essence sur le bidon, il y est allé franco.

Il m’a quand même concédé de remettre un peu d’air frais dans ses pneus qui en manquaient autant que les poumons d’un asthmatique qui aurait décidé de griller une clope au sommet de l’Himalaya.

Nous commençons la descente et je le suis, désireux à l’avance d’assister au réveil de la madone. Ça crache, ça pète, puis, ça commence à fumer à gauche, signe d’une bonne nouvelle puisque la moitié du moulin semble être en mesure de produire quelque chose, et, que, pour avoir déjà vu rouler le monstre, c’est quand il ne fume pas qu’il faut s’inquiéter. Ça saccade, et commence à crachoter à droite, jusqu’au réveil bruyant de cette seconde moitié dont l’échappement ne doit probablement encore sa présence qu’à l’habitude qu’il a d’être là.

Je me place à côté et ne peux que profiter éberlué de son absence totale de satisfaction puisque, dans son esprit, il est impossible qu’il en soit autrement, il n’a même pas imaginé que sa moto puisse ne pas démarrer. J’adore ce mec avec lequel je partage un goût immodéré pour les débats de toute nature, qu’ils soient utiles ou pas d’ailleurs, et qui me surprend toujours par cette conception magistrale de la vie où il est hors de question de s’encombrer de problème matériel.

Seulement, la Germaine a décidé de fuiter comme un vieux lave-vaisselle. Comme je le suivais, j’aurais pu refaire son niveau d’huile en tordant la jambe gauche de mon pantalon et son niveau d’essence en tordant la manche droite de ma veste. 
— Tu tires trop, lui ai-je dit, profitant d’un arrêt à un stop, ta teutonne tente honteusement de téter toute ta tisane.

Il est bon de s’entendre sur le « tu tires trop », celui-ci n’ayant pour but, outre celui de rajouter des T dans ma phrase, que de créer un sursaut de fierté quant aux performances de sa belle qui permettrait peut être qu’il accepte qu’elle défaille, car, en fait de tirer, nous nous sommes fait gratter par tous les jeunes en mob et avons peiné à dépasser un troupeau de cyclotouristes bedonnants. La stratégie semble payante et nous voici à l’arrêt sur un parking.

Ma pensée s’échappe à me demander si cette moto n’est pas plus rapide aux ralentis sur sa béquille, tant les vibrations l’emmènent. J’ai d’ailleurs mis ralenti au pluriel car il parait bien qu’elle en a plusieurs, à la fois au regard des régimes différents vers lesquels elle saute allègrement d’une seconde à l’autre, mais aussi de cette tendance surprenante que chaque cylindre a de paraitre mener une vie indépendante de son congénère. Ce n’est pas un twin, c’est un bi-mono. Faudrait lui mettre une chaine, pas pour éviter qu'on la vole, mais pour éviter qu'elle ne se barre toute seule.

Visiblement, tout ce qui est sensé contenir de l’huile en perd, de la fourche au cardan. Je glisse à mon pote de bien regarder, ce qui lui permettra de deviner où il est normalement utile qu’il s’en trouve, mais, ça ne semble pas le toucher car il me glisse que ce qui l’étonne, c’est que, finalement, ça soit les rétroviseurs les dernières pièces semblant en état sur cette moto, pourtant issue d’un peuple qui a plus souvent avancé qu’il n’a reculé. Je lui suggère que, peut être, les rétroviseurs ne s’usent que quand on s’en sert et cette réflexion le satisfait au point que nous pouvons revenir à nos moutons.

Mon pote décide de rejoindre la maison sans autre forme de procès, s’offusque que je suggère de vérifier au moins le niveau d’huile moteur, arguant qu’ils en mettent toujours trop, donc qu’il doit en rester assez. Ben, c’est possible, lui dis-je, mais c’était il y a longtemps.

En le suivant au retour, décalé pour ne pas rouler dans le gras, je me dis que Don Quichotte sur sa Rossinante, ça devait ressembler à ça.

Etonnante machine, qui l’a ramené une fois de plus à la maison, comme un vieux cheval fidèle ramenant le facteur le jour de la tournée où il portait les pensions des vieux, et qui a l’air prête à se contenter du peu qu’il lui donne.

Une fois posé à table devant un coup, il est sorti de ses songes pour me dire que « ça fait du bien un tour en moto, on devrait faire ça plus souvent ». Le pire, c’est qu’il a raison, je me suis en définitive bien amusé, le tout étant de ne pas lier le plaisir au nombre de kilomètres parcourus“. 


Merci à Salfepa.

mardi 22 novembre 2016

Comment c'est fait? (Supprimé)

Pour des raisons qui me sont personnelles, j'ai supprimé cet article, centré sur la fabrication d'une aiguille traditionnelle d'acupuncture.
Les personnes qui se sentiraient frustrées peuvent prendre contact avec moi en utilisant le moyen de commentaire, ci-dessous.
D.

lundi 21 novembre 2016

Je suis fatigué...


Un texte anonyme plein de bon sens, que je publie volontiers. Il fut lancé sur le net, il y a quelques mois, et résume la rancœur de la plupart des citoyens français d'aujourd'hui, devant la perte de nos "valeurs". Ce vocable, utilisé à tort et à travers, désignant pour moi tout ce que nous considérons comme venant de notre culture profonde, de notre histoire, de notre civilisation.

Je suis fatigué. J'ai 70 ans. J'ai travaillé à l'école, réussi ma carrière sans l'aide de mes parents. Fils d'ouvriers, je n'en ai pas honte ! Mais je m'aperçois que tout va de travers de plus en plus chaque jour.

Les semaines de travail étaient longues sans 35 heures, ni RTT. C'était comme ça ! On ne s'en plaignait pas vraiment. Je n'ai pas hérité de biens substantiels. Ma position professionnelle et sociale ne m'a pas été donnée non plus. J'ai travaillé pour ça.

Et au soir de ma vie, je suis fatigué.
Je suis fatigué de m'entendre dire que je dois partager ce que j'ai, avec des gens qui n'ont pas mon honnêteté. Fatigué de constater qu'en permanence nos gouvernements, de quelque bord qu'ils soient, me prennent de l'argent pour donner à des gens trop paresseux pour travailler. Bien sûr, je veux bien aider ceux que le sort a brutalement frappés : chômage, maladie grave. Mais ce n'est pas le cas de la majorité des personnes concernées.

Je suis fatigué de m'entendre rappeler combien la France va mal, par la faute bien sûr de la droite, mais aussi des socialistes (ou apparentés) millionnaires comme Mrs Fabius, Strauss- Kahn (avant la chute), Noah, Berger, de Mmes Bouquet, Balasko, etc...

Fatigué de recevoir des leçons des mêmes, qui appellent de leurs voix une France ouverte à tous, alors que tant d'entre eux résident à l'étranger pour ne pas payer leurs impôts en France. Dans 20 ans ou 30 ans, si on continue à les suivre comme on le fait déjà, nous aurons l'économie d'un pays sous développé, la liberté de la presse en Chine, la violence du Mexique et l'intolérance de l'Iran.

Je suis fatigué du comportement hégémonique des Syndicats qui ne représentent pas grand monde, mais n'hésitent pas à paralyser tout le pays pour satisfaire des intérêts purement corporatistes, pour beaucoup hors du temps, sans aucun souci du bien de la collectivité.

Je suis fatigué que notre tolérance vis à vis des autres cultures nous amène à considérer comme normal que l'Arabie Saoudite finance chez nous des mosquées où l'on prêche la haine de l'Occident, avec les subsides qu'elle tire du pétrole alors qu'elle proscrit sur son sol la construction d'églises et synagogues.

Je suis fatigué d'entendre à longueur de temps que je dois diminuer mes émissions de CO2, parce que c'est « bon pour la planète », alors que la Chine inaugure deux ou trois centrales thermiques par semaine.

Je suis fatigué de m'entendre dire que notre tradition d'asile nous oblige à accepter tous les miséreux de la planète, à payer pour eux, même quand ils sont clandestins ou n'ont jamais travaillé ni cotisé un centime chez nous, et je suis encore plus fatigué de constater que nos personnages politiques, de droite comme de gauche, trouvent apparemment ça très bien puisqu'ils ne font rien pour y remédier quand ils sont au pouvoir, ou approuvent quand ils sont dans l'opposition.

Je suis fatigué des Français je crois ! Prétentieux, donneurs de leçons, égoïstes, assez lâches et finalement pas sérieux.

Fatigué de devoir payer des impôts fonciers largement augmentés, alors qu'on s'est privé pour payer notre maison et maintenant payer un loyer à l'état !

Je suis heureux d'avoir bientôt 70 ans. Je ne verrai pas le Monde que nous préparons consciencieusement par veulerie. Mais je plains sincèrement mes descendants.

Un grand-père indigné.




dimanche 6 novembre 2016

Mais qu’est-ce qu’un photophone ?


 Photophone ou photophone ?
Je viens d’apprendre qu’il y a aujourd’hui une tendance de débaptiser le téléphone portable de son nom anglophone smartphone, pour l’affubler d’un nouveau nom : le photophone.

Il est vrai que le mot smartphone, pour téléphone intelligent, n’est pas très académique, et fait plus allusion à une intention commerciale qu’à une caractérisation physique de l’appareil.
Par contre, on devine que l’association du mot photo au suffixe phone décrit un appareil qui peut prendre des clichés et émettre des sons.

Historique
Cependant, l’histoire de la science nous apprend que c’est Graham Bell, l’inventeur du téléphone, qui utilisa le premier ce mot, en 1878, pour décrire l’appareil qu’il venait d’inventer. Un appareil qui transmettait des sons sans fil, un téléphone optique en quelque sorte. 

Voici des documents d’époque, proposés entre autres par Wikipedia.

 
Emetteur à gauche, récepteur à droite (plan schématique tiré d’un brevet de Bell).
 

 
"Le photophone de Bell faisait vibrer un rayon de soleil. Le receveur transformait les variations d'intensité lumineuse en sons..."

Graham Bell était très fier de cette invention car elle se passait de fils. Mais il dû la laisser de côté pour se consacrer pleinement à la mise au point du téléphone classique que nous connaissons, bien plus efficace.
En effet les premières liaisons par photophone ne dépassèrent pas 200 mètres. Mais le principe du sans fil était exaltant en lui-même, et son inventeur considérait cette trouvaille comme bien plus géniale que le téléphone par fil.



Emetteur

Dans les années qui suivirent de nombreux scientifiques se lancèrent dans des recherches complémentaires sur ce mode de transmission, comme A. Breguet, A. Weinhold, Sir William H Preece, S. Bidwell, la Compagnie Marconi, etc.
Un chercheur allemand, Ruhmen, avait même amélioré l’appareil de Bell, au point d’en équiper les navires de guerre de son pays. 


Principe de fonctionnement
La communication utilise l’optique pour transmettre des sons à distance : la voix fait vibrer un miroir qui est éclairé par une source violente. La lumière réfléchie se trouve “modulée“ par les vibrations. Il suffit de la réceptionner sur un cristal de sélénium, par exemple, et d’en déceler les vibrations avec un écouteur.
On sait que le sélénium voit sa résistance électrique varier selon l’intensité de la lumière qu’il reçoit. Il ne reste plus donc qu’à mesurer ces variations, qui sont les mêmes que celles qu’avait subies le miroir, les amplifier pour les rendre audibles.

Ce montage est fort simple, et aujourd’hui, il est possible à chacun de se lancer dans l’expérience sans trop de difficulté, car pour la partie optique, nous disposons de ces émetteurs laser pas plus grands qu’un stylo, dont la lumière est perceptible à grande distance. Pour la réception, nous pouvons encore augmenter le faisceau optique à l’aide d’une lunette astronomique ou même d’une simple paire de jumelles. Le signal sera ensuite traité par un amplificateur classique.

Un de mes amis, auteur par ailleurs de nombreuses inventions, a réalisé une liaison tout à fait audible sur une dizaine de kilomètres. Voici d’ailleurs, de sa main, le schéma explicatif de son installation, basique mais efficace : 


Dessin J.-F. L.

Faites-nous part de votre record de distance !

lundi 31 octobre 2016

Une histoire de fourmis (vidéo) ...


Je reviens aujourd'hui sur une observation peu courante, filmée par un myrmécologue amateur… 
Pour l'occasion, je reprends et complète avec la vidéo, mon article de novembre 2013 "Des parasites pour tous".

Myrmécologie : science liée à l'entomologie spécialisée dans l'étude des fourmis.



Les espèces de fourmis sont très nombreuses, et leur comportement varié. Les fourmis endémiques se mêlent à des fourmis invasives, représentées chez nous par la fourmi originaire d’Argentine, la fameuse petite fourmi orangée, collante et teigneuse, qui se faufile dans les moindres interstices du sol du jardin ou du carrelage de la maison. Cette espèce, importée, comme son nom l’indique, couvre une partie de l’Espagne et du sud de la France. Son domaine semble s’étendre progressivement.


Aux Etats-Unis, dès le début du XXème siècle, une espèce au contact redoutable, dite red imported fire ant (RIFA) à cause de son origine et de la brûlure provoquée par sa piqûre, ou, plus savamment solenosis invicta, s’installe et se multiplie, devenant une véritable plaie. Nous verrons comment les autorités ont décidé de la combattre. 
Si les fourmis sont si nombreuses et si fréquentes, c'est sans doute parce qu'elles n'ont guère de prédateurs. On imagine principalement le fourmilier, ou son clone le tamanoir, que l’on se représente ramenant sa langue filiforme, chargée de fourmis engluées. Une scène de prédation qui se passerait dans un pays exotique, au détriment de fourmis innombrables et hyper-actives, mais qui ne manque pas de nous laisser un peu frustrés par ses limites, devant la présence envahissante, et, semble-t-il, indestructible de cette engeance. 

  
Le fourmilier (photo nature.ca)

Dans nos contrées, enfant, nous avons longuement observé à plat-ventre, la larve du fourmi-lion, tapie au fond d’un entonnoir creusé dans le sable, attendant qu’un mini-éboulement la prévienne de l’arrivée d’une proie. Celle-ci sera bientôt aspergée de jets de sable et entrainée dans les profondeurs du piège. Mais compte tenu du faible rendement de cette technique de capture, on peut supposer qu’elle ne met pas en danger l’espèce myrmécole. 
Pour les curieux, voici un excellent article illustré sur le fourmi-lion et ses techniques : https://www.insectes-net.fr/fourmilion/fourm3.htm
Il existe aussi, parmi ceux que l’on peut considérer comme des prédateurs, des insectes redoutables dont la descendance est assurée – bien malgré elle - par la fourmi. Très petits, ils agissent avec beaucoup d’adresse et de persévérance pour effectuer le travail de leur vie : pondre leurs œufs dans le corps d’une fourmi vivante. On devine que ce dernier servira de couveuse et de garde-manger pour la future larve qui devra sa vie à la mort de la fourmi. Compte tenu de leur mode de reproduction, et de leur comportement, ces agresseurs sont appelés parasitoïdes.

Depuis des années, de nombreuses observations ont permis de recenser plusieurs dizaines de diptères, et au moins autant d’hyménoptères, adeptes de cette technique de reproduction. Signalons cependant que d’autres insectes que les fourmis sont victimes de la même technique de parasitage. 
 
Mini-guêpe parasitoïde (photo MyrmécoFourmis)

D’après les renseignements que j’ai recueillis sur le net, l'un des plus connus parmi les parasitoïdes des fourmis serait un diptère de la famille des phoridae. 
  
La phoride (photo Wikipedia)
De très petite taille (1 mm), il fait penser à la mouche drosophile, bien connue des scientifiques, mais lui présente une bosse caractéristique sur le dos de son thorax. Il existe des centaines d'espèces de phorides, chacune s'intéressant à une espèce particulière de fourmis ou d'autres insectes.

On a parlé aussi de rares cas de phorides pondant dans le corps humain, et provoquant des myiases, infestations cutanées et sous-cutanées qui ressemblent à des furoncles (pays chauds).

Les Américains, ont décidé d’utiliser des phorides pour lutter contre les fourmis de feu (RIFA), invasives depuis les années 30. La technique de ce moucheron US est différente. D’après une vidéo (à partir de 1'10), le moucheron pique la fourmi au niveau du thorax en plongeant rapidement sur elle, puis il remonte alors que la fourmi s'écroule une seconde ou deux, comme victime d'un violent traumatisme. 

 
Phoride s'attaquant à une fourmi de feu (photo Gurumed)

Quelques jours ou semaines plus tard, la tête de la fourmi est séparée de son corps grâce à l’action d’une enzyme produite par la larve, et le moucheron en sortira tout à fait complet, de la même façon que la cigale ou le papillon sortent de leur chrysalide. C'est ce qu'on voit au début de cette même vidéo.

Aux États-Unis, les résultats de l'action des phorides ne semble pas suffisamment efficace. En Caroline, la RIFA est également la proie favorite d'une plante carnivore, la venus flytrap  ou dionée-attrappe mouches.

Pour ma part, tout-à-fait ignorant en la matière, mais porté à observer les choses de la nature, et ayant la chance d’habiter la campagne, j’ai eu l’opportunité, à maintes reprises, d’observer le manège de certains de ces minuscules moucherons en train d'agresser mes fourmis commensales.

D’après ce que j’ai pu observer, le moucheron choisit sa proie parmi l’espèce la plus grosse existant dans mon jardin, la tapinoma.

 
Espèce tapinoma (photo DCO)
  Ensuite, il suit la fourmi, d’un vol nerveux, parfois parfaitement calqué sur la trajectoire de l’insecte, à environ 1 cm d’altitude, en se tenant à l'aplomb de l’arrière de l’abdomen de la fourmi.

Soudain, il plonge sur la fourmi d’une façon tellement rapide qu’on le retrouve aussitôt en vol. Généralement la fourmi sursaute violemment en rentrant son abdomen. Elle accélère follement sa course pendant quelques secondes. Mais le moucheron reprend son manège et s'apprête à recommencer.

Parfois la rencontre d’une autre fourmi va pousser le moucheron à changer d’objectif. D’autres fois, ce sont deux moucherons qui harcèlent la même fourmi.

Tout ceci fut pour moi une découverte, et une grande surprise. Je décidais alors d’essayer d’enregistrer photographiquement ces phénomènes, pour pouvoir faire partager mon étonnement. Mais comment procéder? On se doute bien qu’une photo, prise au vol, sera totalement illisible, à cause de la petite taille du moucheron, du fond d’image inapproprié contre lequel il deviendra invisible, et de la rapidité de ses mouvements qui empêche toute mise au point précise.

Ne disposant pas d’appareil de prises de vue prévus pour ce type d’enregistrement, j’ai cependant plusieurs fois tenté de filmer le phénomène à l’aide d’un appareil photo numérique réglé sur vidéo et muni d’un réglage automatique de la prise de vue en mode macro. Il faut signaler qu’une fourmi ne s’arrête pratiquement jamais (sauf parfois pour dépecer une proie), et que sa course zig-zagante, imitée ici avec une précision homothétique par le moucheron, est difficile à suivre avec un appareil démuni de viseur. Nombreux furent les échecs, jusqu’au jour heureux, où ces fourmis ont bien voulu poser pour moi, et pour vous. J’ai pu filmer plusieurs séquences le même jour, s’étalant sur près d’une demi-heure. Les fourmis avaient eu la bonne idée de grimper, à partir du sol où ma position n’était pas confortable, le long d’un muret d’environ 1 mètre de haut, et ensuite, d’évoluer (très lentement pour une fois), à son sommet.
On reconnaît la phoride à son dos bossu (photo DCO)

Vous constaterez que cette fois, les piqués et les piqûres sur la fourmi n’ont entraîné aucune réaction de fuite de sa part, ce qui m’a permis de continuer à filmer la scène.

L’action étant assez répétitive, je n’ai conservé qu’une petite partie de mes rushes, que j’ai montés en les associant à des photos elles-mêmes issues du film, et agrandies autant que faire se pouvait.

Le résultat, compte tenu du modeste matériel utilisé, et de l’absence de préparation, est cependant regardable, et j’espère qu’il va retenir votre attention pendant les 6 minutes de la vidéo.